- Titre du projet
- Caractérisation de cônes de conifères des sites de Rivecourt, le Quesnoy (bassin parisien) et Montplo (Cruzy).
- Descriptif du projet
- Les sites de Rivecourt et du Quesnoy (Oise, France) offrent un aperçu exceptionnel de la végétation de la fin du Paléocène et du début de l’Éocène (56-55 Ma). Ces deux sites témoignent de changements climatiques importants à l'échelle mondiale. Parmi les milliers d’organes ligniteux retrouvés sur ces deux sites, et présentant des préservations anatomiques exceptionnelles, beaucoup correspondent à des fruits et graines appartenant aux plantes à fleurs. Cependant, les gymnospermes sont également bien représentées par des dizaines de cônes et de tiges. Certaines gymnospermes sont associées à des milieux très particuliers, tels que les marais ou des zones plus arides. Elles constituent donc de bons indicateurs potentiels de variations locales d’environnement et d’hygrométrie. Le but du présent projet est d’apporter des détails anatomiques pour certains cônes remarquables provenant de Rivecourt et du Quesnoy afin de préciser au mieux leurs affinités. Nous ajoutons à ce projet un spécimen provenant d’un autre site, Passy, contemporain du Quesnoy, mais présentant une conformation tout à fait singulière qu'il est intéressant d'explorer. L’objectif est d’apporter un nouvel éclairage sur le paléoenvironnement et le paléoclimat à partir des restes de gymnospermes. Le scanner tomographique (CT scan) permettra de reconstruire en 3D les structures internes telles que les graines, les sacs polliniques et la vascularisation. Il permettra également de conserver en 3D une trace informatique de ces spécimens, susceptibles de se dégrader avec le temps (le lignite étant sensible aux variations d’humidité, et les conditions actuelles de préservation au MNHN n’étant pas idéales). Le projet s’inscrit dans le cadre d’une étude plus large sur le Bassin de Paris menée par le porteur du projet ainsi que dans le cadre des études de Léa De Brito (ATER).
Le scan du spécimen MN2071 (Figure 2) s’inscrit dans le projet de mise en place d’une nouvelle collaboration entre le MNHN et le musée de Cruzy géré par l’Association Culturelle Archéologique et Paléontologique (A.C.A.P.). Dans le cadre d’une visite de leurs collections, les fossiles de végétaux collectés lors de fouilles sur le site de Montplo daté du Campanien-Maastrichtien (Cruzy, France) ont commencé à être étudiés. La majorité des fossiles sont représentés par des empreintes de feuilles. Cependant, l’un des spécimens est un fruit ou un cône de spermatophyte, préservé en 3 dimensions (Figure 2). Les premières observations de ce spécimen indiquent que la structure interne est probablement complète. L’une des faces est légèrement écrasée et recouverte de sédiment gréseux. Les parties reproductrices des plantes à graines étant complexes, sans identification préalable, il serait dangereux d’essayer de préparer la face encore recouverte de sédiment et nous pourrions perdre des informations précieuses. En parallèle, le spécimen étant unique, il est exclu de le détruire afin de réaliser des lames minces. De plus, afin de mener une étude complète, il est nécessaire d’accéder à sa structure et son organisation interne. Un CT-scan de ce fossile permettrait d’accéder à ces informations, de l’identifier, de le décrire et, aucun autre fossile de ce type n’étant décrit dans cette région de France à cette période, cela mènera à une publication sur le sujet. Cette étude permettra de mettre l’accent sur les fossiles de végétaux lors de la prochaine fouille prévue en 2025 par l’A.C.A.P.
Travaux réalisés par la plateforme AST-RX