- Titre du projet
- Relation entre la morphologie musculosquelettique du pelvis mâle et sa fonction reproductive
- Descriptif du projet
- **Introduction**
Pour assurer la pérennité d'une espèce, une reproduction efficace est essentielle. Chez les primates mâles et femelles, la fonction reproductive est étroitement liée à la structure osseuse pelvienne. Des recherches approfondies ont été menées sur la relation entre les défis reproductifs et la morphologie du pelvis féminin, aboutissant à la formulation de l’hypothèse anthropologique classique connue sous le nom de « dilemme obstétrical ». Cette hypothèse suggère que la morphologie du pelvis féminin chez les Homo sapiens est le fruit d’un compromis entre les exigences contradictoires de la marche bipède et de la mise au monde de nourrissons à gros cerveau.
**Anatomie Pelvienne Masculine et Fonction Reproductive**
Le pelvis masculin, distinct de son homologue féminin, sert principalement à faciliter la locomotion et le soutien viscéral, sans être contraint par les exigences obstétriques. Néanmoins, il est important de noter que l'anatomie reproductive masculine est étroitement liée à cette structure osseuse. Les muscles responsables de l’érection et de la fonction sexuelle (ischiocaverneux et bulbospongieux) ont des attaches directes sur le pelvis. Compte tenu de cette relation, il est raisonnable de proposer que toute modification de la configuration du pelvis pourrait potentiellement impacter l'organe reproducteur masculin. Fait intéressant, au cours des six derniers millions d'années, notre espèce a subi des changements évolutifs substantiels dans la structure pelvienne, y compris un repositionnement significatif des tubérosités ischiatiques. Par ailleurs, le mâle Homo sapiens se distingue des autres grands singes par l'absence de baculum (os pénien), une structure remplacée par un ligament distal plus souple, et se déplace exclusivement en locomotion bipède. Il est frappant de constater que l'interaction entre la structure pelvienne et l'efficacité reproductive masculine est restée, chez notre espèce, jusqu'à présent largement inexplorée.
**Importance Clinique et Évolutionnaire**
Ce sujet revêt une importance non seulement pour les anatomistes et anthropologues, mais présente également des implications cliniques importantes. La dysfonction érectile, caractérisée par l'incapacité persistante ou récurrente à déclencher et à maintenir une érection suffisante pour un rapport sexuel, est un problème à forte prévalence et affectant des hommes de différents groupes d'âge. Bien qu'il existe des recherches substantielles sur les facteurs psychologiques, endocrinologiques, neurologiques et vasculaires impactant l’érection, les facteurs musculosquelettiques ont été sous-explorés et restent sujet à débat. Pour aborder cette question, il convient de se demander si les variations de l'anatomie osseuse du pelvis pourraient avoir des implications pour le succès reproductif masculin.
**Objectif du Doctorat**
L'objectif est d'examiner en profondeur et avec rigueur la relation entre la morphologie pelvienne et la fonction érectile d'un point de vue évolutionnaire. La question clé est de savoir si le pelvis du mâle Homo sapiens pourrait être le résultat d'un compromis entre une locomotion strictement bipède d'une part et un processus érectile complexe reposant exclusivement sur les tissus mous d'autre part.
**Plan de Recherche**
Pour ce faire, le projet est divisé en plusieurs chapitres, chacun traitant des aspects clés de ce sujet. Les questions suivantes seront abordées :
1. Comment la relation entre le pelvis osseux (y compris le baculum, s'il est présent) et l'anatomie reproductive varie-t-elle chez les primates mâles ? Il y a très peu d'informations sur ce sujet. La seule façon de le découvrir est de disséquer la région pelvienne (en particulier le périnée et les organes génitaux) de différents primates humains et non humains sélectionnés sur la base de différents critères (locomotion, sexe, stature, présence/absence de baculum, proximité phylogénétique avec Homo sapiens) et de pouvoir décrire complètement le baculum (s'il est présent) en relation avec l'espèce considérée.
2. Comment la taille, la forme et les positions relatives des tubérosités ischiatiques et des branches ischiopubiennes varient-elles entre les primates en relation avec les critères ci-dessus ? Répondre à cette question nécessite une analyse morphométrique géométrique d'une série de pelvis osseux (y compris le baculum, s'il est présent) de primates humains et non humains.
3. Les humains modernes souffrant de dysfonction érectile présentent-ils des différences significatives dans les positions relatives des attaches osseuses des tissus érectiles ? Pour répondre à cette question, une étude morphométrique géométrique sera menée sur un échantillon de modèles pelviens 3D de patients présentant une dysfonction érectile à la sévérité graduée.
Travaux réalisés par la plateforme AST-RX